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  • Marie GUEDES / EA

Avocats d'affaires : des "nouveaux" conseils, flexibles et digitalisés

Quand « dire le droit » ne suffit plus, quelles pistes explorer ? 


Comme nombre professionnels, les avocats ne sont pas épargnés par la crise inhérente au COVID. 

Mais, alors qu’ils évoluent dans un secteur reconnu pour être hautement concurrentiel, l’époque les force à surmonter un nombre d’obstacles particulièrement conséquent. 

Confrontés à un marché qui s’amenuise en même temps que croît le nombre jeunes diplômés, ainsi que des clients de plus en plus exigeants – en prime souvent dotés de services juridiques internes -, les avocats d’affaires n’ont d’autre solution que de se renouveler. 


Stratégie d’avenir des avocats d’affaires 

Si l’Hexagone compte 164 barreaux, c’est surtout dans les grandes villes, et spécifiquement dans la capitale (avec 42 % des avocats français) que se concentre le nerf de la guerre. Né il y a un siècle, comme le rappelait Le Monde du Droit le 19 octobre dernier, le marché parisien des cabinets d’avocats d’affaires n’est pas complètement monolithique et a déjà vu sa carte réécrite au fil des cycles économiques. Ainsi, à côté des mastodontes, toujours forts aujourd’hui d’une clientèle prestigieuse, se sont imposés depuis les années 2000, de puissantes structures anglo-saxonnes. Et si ces deux familles ont su cohabiter pendant plus d’une décennie, c’est à une nouvelle génération de cabinets, capables de se faufiler dans un contexte a priori peu favorable, qu’ils ont dû commencer à se familiariser depuis quelques années. Des « boutiques », ainsi nommées comme on parle des « boutiques-hôtels » parce qu’ils sont à taille humaine et proposent parfois des services aussi rares que bienvenus. 


Mode de management et innovation juridique 

Spécialisés dans des domaines pointus ou « de niche », capables de se réinventer, ou, comme le soulignait un article des Echos consacré en 2018 à l’innovation juridique, d’assumer « les tâches que les entreprises ne souhaitaient plus réaliser, par manque de temps ou de ressources », ceux-ci ont commencé d’explorer de nouveaux territoires. D’où une nécessité pour eux de fonctionner comme des « laboratoires d’idées », avec pour avantage certain - en même temps que de satisfaire leurs clients - de redonner une bonne dose de motivation à leurs collaborateurs, les plus jeunes d’entre eux en tête, forcément avides de nouveauté, d’implication et de changement. 

Une prise en compte du facteur humain, qui avait commencé à s’insinuer à la façon d’une tendance et qui s’impose désormais presque, comme une nécessité. Car aux bienfaits d’une coopération entre collaborateurs et associés, nouveaux venus et professionnels d’expérience, s’est ajoutée récemment la possible mutualisation des compétences entre cabinets – menant parfois même à la fusion. 


Epure et fonctionnalité 

Une nouvelle façon d’envisager le métier d’avocat d’affaires dans le fond, qui pourrait se traduire jusque dans la forme… des bureaux, comme le relataient Les Echos en février dernier. Bien sûr, il ne s’agit peut-être encore que d’un frémissement, mais nul doute que la sortie du « Triangle d’Or » de quelques cabinets d’importance (RedLink ou DLA Piper) relève de ce mouvement. Le Palais de Justice de Paris ne s’est-il pas installé lui-même dans le quartier des Batignolles ? Reste que si les open space ou les « bureaux tournants » ne se prêtent pas bien à la confidentialité des échanges, la structure même des espaces de travail connaît un renouveau. Selon une manière de faire empruntée aux Anglo-Saxons (l’esprit collaboratif toujours), le design des lieux lorgne moins désormais vers l’ostentatoire que vers l’épure et le fonctionnel. Comme une manière encore de mieux s’inscrire dans l’époque, de sembler, aux yeux de ses clients, moins inaccessible et plus en phase avec ce qui compte vraiment ?


Marie Guédès

Consultante Senior / Pôle "Avocats" EXPERT ALLIANCE Executive Search

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